• Le poème du mois...

    “L'amour est mort entre tes bras
    Te souviens-tu de sa rencontre
    Il est mort tu la referas
    Il s'en revient à ta rencontre

    Encore un printemps de passé
    Je songe à ce qu'il eut de tendre
    Adieu saison qui finissez
    Vous nous reviendrez aussi tendre...”

    Apollinaire, Alcools (Vitam impendere amori)

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  • Le poème du mois, un classique qu'on ne présente plus...

    “La rue assourdissante autour de moi hurlait.
    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
    Une femme passa, d'une main fastueuse
    Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.
    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
    Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

    Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
    Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
    Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

    Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
    Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
    Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !”

    Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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  • Dans la rubrique Poésie, voici le poème de février, un texte de Nadia Tuéni sur le Liban.

    “Mon pays longiligne a des bras de prophète.
    Mon pays que limitent la haine et le soleil.
    Mon pays où la mer a des pièges d'orfèvre,
    que l'on dit villes sous marines,
    que l'on dit miracle ou jardin.
    Mon pays où la vie est un pays lointain.
    Mon pays est mémoire
    d'hommes durs comme la faim,
    et de guerres plus anciennes
    que les eaux du Jourdain.
    Mon pays qui s'éveille,
    projette son visage sur le blanc de la terre.
    Mon pays vulnérable est un oiseau de lune.
    Mon pays empalé sur le fer des consciences.
    Mon pays en couleurs est un grand cerf-volant.
    Mon pays où le vent est un nœud de vipères.
    Mon pays qui d'un trait refait le paysage.

    Mon pays qui s'habille d'uniformes et de gestes,
    qui accuse une fleur coupable d'être fleur.
    Mon pays au regard de prière et de doute.
    Mon pays où l'on meurt quand on a de temps.
    Mon pays où la loi est un soldat de plomb.
    Mon pays qui me dit : “prenez-moi au sérieux”,
    mais qui tourne et s'affole comme un pigeon blessé.
    Mon pays difficile tel un très long poème.
    Mon pays bien plus doux que l'épaule qu'on aime.
    Mon pays qui ressemble à un livre d'enfant,
    où le canon dérange la belle-au-bois-dormant.

    Mon pays de montagnes que chaque bruit étonne.
    Mon pays qui ne dure que parce qu'il faut durer.
    Mon pays pays tu ressembles aux étoiles filantes,
    qui traversent la nuit sans jamais prévenir.
    Mon pays mon visage,
    la haine et puis l'amour
    naissent à la façon dont on se tend la main.
    Mon pays que ta pierre soit une éternité.
    Mon pays mais ton ciel est un espace vide.

    Mon pays que le choix ronge comme une attente.
    Mon pays que l'on perd un jour sur le chemin.
    Mon pays qui se casse comme un morceau de vague.
    Mon pays où l'été est un hiver certain.
    Mon pays qui voyage entre rêve et matin.”

    Nadia Tuéni, Liban: vingt poèmes pour un amour


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  • "La nuit dissimule le jour
    Tandis que le soleil
    Se dissout dans la lune
    Entre le jour et la nuit
    L'écart se resserre"
    Marwan Hoss, Déchirures

    Une pensée à ceux qui n'auront pas le temps de commencer l'année 2008.

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